05 septembre 2006

 

Violence patronale en marge du CER de Dijon

La direction générale a décidé, à travers la sortie d’un « Temps réel » mensonger, d’exploiter honteusement une affaire en cours sur la région de Dijon. La fédération SUD-Rail est donc amenée à rétablir certains faits, préciser des choses, fournir des éléments «oubliés» par les rédacteurs/trices de la propagande patronale.


Zabir n’a pas volé.
A l’origine de l’affaire, il y a un non respect de la procédure comptable : agent commercial, Zabir a remboursé en espèces un titre de transport payé par chèque bancaire. Ce n’est pas prévu … et tous les vendeurs savent que cela se fait assez couramment pour gérer des situations particulières. Mais cette fois, la famille de la cliente a incitée celle-ci, après coup, à venir redemander cet argent, prétextant ne pas avoir reçue la somme. L’un dit qu’il a remboursé, l’autre dit qu’elle n’a pas reçu, le non respect de la procédure ne couvre pas l’agent … situation malheureusement classique. Zabir est d’ailleurs sanctionné pour cette « faute » : deux jours de mise à pied.


La direction monte un dossier de toutes pièces.
Un responsable de la Surveillance Générale a, non pas mené une enquête ce qui aurait été le fonctionnement normal pour une telle situation, mais organiser un témoignage à charge dans le seul but de discréditer notre collègue, de permettre sa condamnation par le tribunal.

Ce « responsable » de la SUGE n’a pas manqué d’initiatives, qui discréditent le travail quotidien des agents de ce service:
° Se présentant comme « police de la délinquance financière », il s’est rendu au domicile de la cliente qui jusque là s’était contentée d’une réclamation à la gare et n’avait pas porté plainte.
° Une fois la plainte déposée, lors de l’audition par la police, ses propos sont édifiants : « en l'absence de preuve, je ne peux porter d'accusation mais je pense que d'après des témoignages anonymes que j'ai pu recueillir , le nommé Zabir G. n'est pas digne de confiance ».

« En l’absence de preuve » … « d’après des témoignages anonymes » …
Mais ou sommes-nous, dans quelle époque ? Les régimes totalitaires ont toujours été le modèle de quelques dirigeants. Est-ce dorénavant celui qui s’applique officiellement au sein de la SNCF ? Ces régimes sont impitoyables pour les cadres intermédiaires zélés, éliminés sans pitié une fois leur basse besogne accomplie : jeudi dernier, lors du rassemblement, nous avons publiquement dénoncé ces faits. La direction régionale ne doit pas se sentir très fière : dès le lendemain, le dirigeant de la SUGE était sommé de ranger ses affaires, et lundi il était déjà muté dans un service hors SUGE.


Pourquoi ne pas avoir parlé de tout ça plus tôt ?
Depuis décembre 2005, le syndicat SUD-Rail a demandé une rencontre à la direction régionale. Nous n’avons eu en réponse qu’un silence méprisant. En juillet, saisissant le prétexte de l’inscription au casier judiciaire de cette condamnation orchestrée par quelques dirigeants SNCF, la direction régionale décide la révocation de notre camarade. Représentant du personnel, son licenciement doit être soumis à l’avis du Comité d’Etablissement. Rappelons que la condamnation qui motive cela est une amende de 300 euros !

Le licenciement pour 300 euros d’amende !
N’importe quel/le cheminot condamné à une amende de 300 euros inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire risque donc une double peine, l'amende et le licenciement … si nous laissons faire ! Trois cents euros d’amende, avec comme seuls éléments ceux livrés à la justice par des dirigeants faisant part de leurs "impressions négatives" !!!

C’est pour cela que SUD-Rail a organisé un rassemblement le 30 août, jour où le Comité d’Etablissement statuait sur la demande de révocation.


Le CE vote contre la révocation.
Conscients de la manipulation patronale, tous les élus du Comité d’Etablissement Régional ont voté contre la révocation. La direction "oublie" de le mentionner dans son "temps réel" … où elle parle, à propos du rassemblement, de l’envahissement de la réunion du CE, d’une dénonciation unanime des autres organisations syndicales. Nous ne doutons pas que certains sauront réagir à une telle utilisation de leurs organisations de lutte collective à des fins de soutien à la politique répressive patronale.


Au fait, que s’est-il passé ce jour là ?
Environ 200 cheminots se sont rassemblé-e-s au pied de l’immeuble. Provocatrice, la direction avait installé en bas une demi-douzaine de cadres supérieurs chargés de se faire pousser lorsque les manifestant-e-s monteraient vers la salle. Ce fut fait, sans violence d’aucune sorte. Une fois dans la salle du CE, nous avons brièvement interpellé la direction régionale : c’était la première fois depuis la demande d’audience de décembre 2005 que nous pouvions nous expliquer !

Très rapidement, la direction, sans doute gênée par le déballage de certaines méthodes, mettait un terme à la discussion. La directrice de région et ses adjoints fonçaient alors sur les manifestants pour fuir la salle du CE.

Des camarades ont été blessés. Sans doute affolée après coup par cette attitude, la directrice utilise la vieille méthode policière qui consiste à porter plainte contre les agressés. C’est ce qu’elle a fait lundi 4 au matin pour « un coup de corne de brume dans les oreilles » … Le Temps réel « oublie » de préciser que cela s’est passé vers midi, et qu’à 14 heures elle présidait la séance de l’après midi du CER !


Il est temps d’être raisonnable !
° L’adjoint à la directrice de région l’a dit à une délégation SUD-Rail jeudi après midi : « sans cette inscription au casier judiciaire, le dossier était clos avec les jours de mise à pied».
° La directrice de région l’a dit en séance du CE, ce même jeudi après midi : « en tant que magistrate, je sais bien que cette condamnation aurait tout à fait pu ne pas figurer au casier ».

"En tant que magistrate" (Mme Baud est directrice de région, mais contractuelle, pas au Statut), elle sait aussi que cette inscription qui normalement prend plusieurs mois de délai, a été très rapide cette fois … comme si certains avaient poussé à cela. Bien sur, Zabir a fait les démarches pour demander le retrait de cette mention au casier judiciaire … mais ça, c’est long.

La fédération SUD-Rail appelle à la raison : Arrêtons cet acharnement contre un collègue ! (parce qu’il s’appelle Zabir ? Parce qu’il est délégué SUD-Rail ? Parce que rien ?). La direction générale doit annuler la procédure de révocation. Nous avons bien entendu saisi la présidente de la SNCF …

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