07 avril 2008

 

Le gouvernement supprime les tarifs sociaux de la SNCF


Succédant aux compagnies ferroviaires privées il y a plus de 70 ans, la SNCF fut créée pour assurer le service public ferroviaire, c'est-à-dire faciliter le droit au transport de tous. Ainsi naquirent les « tarifs sociaux » (congés annuels, familles nombreuses, abonnements domicile/travail ou étudiants, etc.).

Au fil des ans, certaines réductions ont diminué, quelques tarifs sociaux ont disparu, au profit d’une « politique commerciale » qui laisse les plus démunis sur le quai. Mais même remis en cause, les tarifs sociaux existaient toujours, l’Etat versant pour cela 70 millions de compensation, à la SNCF.

Dans son démagogique et dangereux plan d’économie de l’Etat, le gouvernement annonce la suppression de cette compensation. Hypocritement, il fait croire que la SNCF va maintenir les tarifs sociaux correspondants… alors qu’il lui demande de payer plus de péage pour rouler sur les voies ferrées, alors qu’il met en place la concurrence pour les trains voyageurs qui va interdire à la SNCF d’utiliser les meilleures recettes d’un trafic pour payer un autre moins rentable, alors qu’il a nommé Pépy président de la SNCF pour accentuer encore sa commercialisation et faire disparaître le service public.

Les tarifs sociaux (congés annuels, familles nombreuses, abonnements domicile/travail ou étudiants, etc.)sont un petit correctif aux très grandes inégalités de notre société. Les plus pauvres pouvaient avoir quelques minces réductions, payées par tous. Supprimer la compensation de l’Etat, c’est imposer aux plus pauvres de payer autant que les plus riches.

Le gouvernement applique les ordres du patronat. Le MEDEF ne cache pas son ambition d’en finir avec tous les acquis sociaux. On connaît la même logique avec les franchises médicales, par exemple. C’est aussi ce qu’il veut pour nos retraites, qu’il souhaite encore diminuer en allongeant la durée de cotisation pour une retraite à taux plein.

SUD-Rail appelle à un vaste rassemblement unifiant cheminots et usagers, pour imposer le maintien des tarifs sociaux de la SNCF, leur compensation par l’Etat.

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