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09 avril
2008
Les usagers vont-ils payer plus chers leurs billets de train,
pour financer RFF ?
La volonté du gouvernement de procéder, en juillet prochain, à
une augmentation des péages ferroviaires est un très mauvais
coup porté aux usagers des transports ferroviaires, ainsi qu’au
service public ferroviaire. Cette augmentation des péages au
profit de Réseau Ferré de France - de l’ordre de 80 % d’ici 2015
! - signifie une hausse constante du prix des billets durant ces
années, car la SNCF, pour maintenir et accroître ses marges
bénéficiaires, ne manquera pas de répercuter ces hausses sur ses
tarifs… ou de supprimer les trains ne générant pas assez de
recettes.
Aujourd’hui, lorsqu’un
voyageur donne 100 € à la SNCF, 30 sont déjà reversés à RFF. Le
quasi doublement des péages en 2015 engendrerait immanquablement
un transport ferroviaire plus cher, moins accessible et en total
décalage avec les objectifs affichés par le gouvernement lors du
Grenelle de l’environnement. Si le gouvernement décidait
cette hausse des péages, cela confirmerait aussi le
désengagement de l’État du service public ferroviaire français
et de sa dette - essentiellement due à l’aménagement des lignes
à grande vitesse -, laissant celle-ci à la charge de la SNCF et
des usagers, et sa gestion à RFF. Intronisé en 1997,
propriétaire et gestionnaire des voies, et lesté de 20 milliards
de dette, RFF ne vit que de péages et de dotations publiques. La
hausse des premiers ne faisant - comme le souligne son président
- que compenser la baisse des secondes, l’endettement s’est
accru de 7 milliards en 10 ans. De ce fait, les différents
gouvernements ont fait de RFF un vrai frein au développement du
service public ferroviaire.
Le camouflage de la
dette, rendu possible par la création de RFF, n’a évidemment
rien réglé et l’augmentation des péages voulue par le
gouvernement est une véritable fuite en avant, qui aboutit à une
politique de sous investissement et compromet le développement
même du mode de transport ferroviaire. Augmentation des
péages, versement d’un dividende de l’entreprise publique SNCF à
l’Etat, hausse du prix des billets…, tout cela est la
conséquence de la non prise en charge par l’Etat des
investissements et aménagements ferroviaires qui ont généré
cette dette.
L’annonce de la
suppression de la subvention versée par l’Etat à la SNCF pour
les « tarifs sociaux » (billets de congé annuel, abonnements
domicile/travail et études, réduction « familles nombreuses,
etc.) marque un nouveau recul, qui pénalisera les plus démunis
de nos citoyens.
Plutôt que de continuer à
rançonner le service public ferroviaire et les usagers, l’Etat
doit enfin prendre toutes ses responsabilités pour permettre au
ferroviaire de devenir le mode de transport public, social et
écologique dont nous avons besoin.
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