17 avril
2008
Réseau ferroviaire : un démantèlement inachevé
La cour des comptes vient de remettre un rapport dans lequel
elle suggère fortement le transfert des cheminots chargés de
l’entretien des infrastructures de la SNCF à RFF. C’est la suite
logique de la vente à la découpe de la SNCF qui est en train de
se généraliser. Nous avons dénoncé le projet de filialisation du
fret. Ce qui est proposé avec le transfert des cheminots de
l’infrastructure à RFF est dans la suite logique du
démantèlement de la SNCF que nous vivons au quotidien.
Ce rapport pointe une
vérité : la séparation entre RFF et la SNCF n’a pas résolu la
question de l’entretien du réseau. Ce que notre fédération
explique à une direction sourde à toute discussion depuis 1997,
date de création de RFF. Par contre il ne propose pas de revenir
en arrière et ne pose pas la seule question qui intéresse les
usagers du rail : quel service public ferroviaire l’Etat
français doit-il proposer pour permettre un égal accès à tous au
transport ferroviaire ?
Bien au contraire, il va
dans l’air du temps, puisqu’il préconise la fermeture d’une
partie des 46% du réseau ferré national qu’il juge secondaire.
Insistant même sur la distribution des investissements à
répartir sur la part du réseau qui restera ouverte à la
circulation. C’est à l’opposé des revendications portées par de
nombreuses mobilisations de citoyens contre des fermetures de
lignes et de gares, contre la désertification des gares et des
trains et contre les suppressions de dessertes.Le rapport de la
cour des comptes est à l’opposé des préoccupations
environnementales des citoyens, puisque ce qui ne sera plus
transporté par le rail, voyageurs comme marchandises, le sera
désormais par la route.
Ce rapport va dans le
sens d’une accélération de la concurrence dans le rail. En
proposant de sortir les cheminots de l’infrastructure de la
SNCF, il permet à la SNCF d’être un opérateur ferroviaire comme
les autres et d’ouvrir plus largement la concurrence entre les
différents transporteurs. Cette mise en concurrence se fera
nécessairement aux dépens des lignes peu fréquentées, à faible
profit financier, et aux dépens des citoyens résidant dans les
secteurs les plus éloignés des grandes métropoles.
La cour des comptes ne
résonne qu’en terme de rentabilité, oubliant qu’un service
public n’a pas à être rentable mais socialement utile et
efficace.
Pour la fédération
SUD-Rail, la fuite en avant dans la séparation entre RFF et la
SNCF, comme dans la recherche d’un hypothétique équilibre
financier de RFF n’ont pas d’avenir. Le seul avenir c’est la
refondation d’un service public ferroviaire regroupant SNCF et
RFF dont la logique de développement ne serait plus guidé par le
profit mais par l’utilité sociale.
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