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20 juin
2006
Remise en cause des retraites des cheminots : La présidente
de la CNAV en phase avec le MEDEF
Danièle Kamiewicz, présidente de la CNAV (Caisse Nationale d'Assurance
Vieillesse), dans une interview au quotidien Le Parisien attaque les régimes
spéciaux de retraite de certaines entreprises publiques. Mais, elle ment par
omission:
° Pour la SNCF, les cotisations retraite sont de 12% supérieures à celles du
régime général.
° Ce ne sont pas les cheminots qui ont sabré dans les effectifs, les divisant
par 3 en 50 ans, privant ainsi la Caisse de Retraite de cotisations sociales et
déséquilibrant profondément le rapport entre actifs et retraités.
De cela, Kamiewicz ne dit pas un mot. De même qu'elle ne dit pas un mot sur les
avantages des régimes spéciaux des députes, des militaires … Son choix de
s'attaquer aux seuls services publics en cours de privatisation est politique et
correspond à ce que le gouvernement comme le MEDEF attendent d'elle: participer
à la curée contre des salariés qui résistent aux reculs sociaux et préparer le
terrain à de prochaines attaques contre la protection sociale.
Pourtant, transférer les cheminots au régime général, ce n'est que transférer
les soit disant problèmes du régime particulier vers le régime général. A moins
que la présidente de la CNAV ne veuille plutôt liquider nos acquis sociaux et
nous orienter vers les caisses privées complémentaires, ouvrant la voie à la
capitalisation et aux fonds de pension, ce qui explique son impatience.
SUD-Rail tient à répéter que les véritables raisons de la "crise" des retraites
et de l'ensemble de la protection sociale se résument à deux éléments :
- les actionnaires sont attirés par les sommes gigantesques épargnées par les
salariés comme autant de sources de profit supplémentaires qui pour l'instant
leur échappent. Pour ces gens-là, la capitalisation et la liquidation des
régimes de retraite par répartition deviennent une priorité; ils ont trouvé un
allié de poids avec la présidente de la CNAV.
- le chômage de masse, les cadeaux fiscaux aux entreprises, les baisses de
charges patronales représentent des sommes colossales perdues pour la protection
sociale. Elles sont supérieures au "trou" de la protection sociale. Sur ce point
aussi, silence assourdissant de la présidente de la CNAV. Pour SUD-Rail, ce sont
les responsables de cette situation qui doivent payer, pas les salariés.
La fédération SUD-Rail revendique le retour aux 37,5 annuités pour tous,
l'abrogation des réformes de 1993 et de 2003. De même, nous demandons que
l'ensemble des travailleurs du rail, salariés à la SNCF ou dans les entreprises
privées, bénéficie de notre régime particulier de protection sociale.
Enfin, nous rappellerons que contrairement à ce qui se dit trop souvent, le
bilan financier global de la protection sociale était positif jusqu'en 2002
(chiffres du ministère de la santé) … avant la réforme des retraites (2003) et
celle de l'assurance maladie (2004) … | |