20 octobre 2006

 

FEDERATION SYNDICALES CHEMINOTS
CGT - FO – CFTC - SUD Rail - CFE/CGC- FGAAC

 

Lettre ouverte à Madame IDRAC, Présidente de la SNCF


Nos Fédérations Syndicales viennent de prendre connaissance d’une déclaration émanant de la Direction SNCF s’insurgeant de la grève annoncée pour le 8 novembre. Ainsi, selon les propos de la Direction, nos organisations syndicales et les cheminots n’auraient aucune raison objective de se mobiliser le 8 novembre prochain. Vous n’auriez, toujours selon les mêmes écrits, connaissance d’aucune revendication et cette grève serait uniquement « préventive et rituelle ».

Quel décalage avec la réalité et le vécu des cheminots !

Nous venons donc, par la présente, vous rappeler les motivations profondes qui ont conduit à cette situation conflictuelle. Dans le cadre de votre prise de responsabilité et après avoir pris connaissance des dossiers en cours à la SNCF, vous avez, fin août – début septembre, reçu en bilatérale l’ensemble des organisations syndicales qui n’ont pas manqué de vous faire part des inquiétudes des cheminots, de leur mécontentement, de leurs revendications. Les incessantes restructurations, réorganisations, filialisations qui menacent l’avenir même du service public SNCF, les importantes suppressions d’emplois (14 000 depuis 2002), la situation catastrophique du Fret dans laquelle le plan Veron a conduit cette activité, les revendications salariales, l’inquiétude sur le régime spécial et les retraites, les révocations en cours, les revendications spécifiques des métiers ont été les axes essentiels développés par nos Fédérations lors de ces bilatérales.

Unanimement, les Fédérations Syndicales ont convenu dans un communiqué commun que vous n’aviez pas répondu à leurs demandes. Elles vous ont demandé une table ronde en précisant que, le cas échéant, elles en appelleraient à la mobilisation des cheminots courant octobre. Convoquées le 3 octobre en table ronde, les Fédérations, qui attendaient des réponses à cette réunion, ont suspendu la journée d’action initialement prévue. Il appartenait donc à la direction d’apporter le 3 octobre les réponses souhaitées par les cheminots. Il n’en fut rien !

Vous avez donc fait un autre choix. Plutôt que de mener un véritable dialogue social dont la direction ne cesse pourtant pas de se gargariser, c’est le choix du refus et du conflit. N’étant pas, comme certains aiment à le répéter, des « gréviculteurs », nous vous interpellons, une nouvelle fois, pour vous dire que nous voulons des négociations sur les points très précis cités plus haut que toute la direction connaît parfaitement. Nous sommes disponibles à tout moment pour mener des négociations.

Il n’y a aucune fatalité à ce qu’une grève ait lieu le 8 novembre. La balle est dans votre camp, il vous appartient de faire qu’il en soit autrement.

Par contre, nous vous confirmons que sans réelles négociations sur les restructurations, le Fret, les salaires et pensions, l’emploi, les métiers, nos Fédérations prendront leurs responsabilités pour s’opposer à la stratégie d’abandon du service public SNCF, d’affaiblissement des conditions sociales des cheminots et imposer des choix de développement et de progrès.

Ainsi, elles appellent leurs militants et syndiqués à poursuivre la construction de la mobilisation pour réussir une participation massive des cheminots dans la grève du 8 novembre.

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