22 août
2006 Aux fédérations
syndicales CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA, CGC, FGAAC
SUD-rail propose de préparer ensemble une rentrée
offensive.
La « rentrée sociale » 2006 se fera, pour le secteur ferroviaire, dans un
contexte particulier. L’accélération de la « libéralisation » est un enjeu
majeur. Nos organisations ont su faire un front
commun face au ministère qui prétendait nous faire valider ses projets de décret
sur le temps de travail, instituant le dumping social pour les entreprises
ferroviaires privées.
Notre revendication commune d’un seul décret pour l’ensemble du mode ferroviaire
est juste. C’est la seule qui permet de refuser le travail au rabais pour les
salariés du secteur privé et la remise en cause du Statut applicable à la SNCF.
Mais quel que soit le choix du ministère (promulgation des décrets durant l’été,
ou report après de nouvelles rencontres), se posera la question des moyens à
mettre en oeuvre pour que cette revendication se transforme en acquis.
La volonté d’unité et action syndicales sera un élément déterminant pour gagner.
Nous
devons poursuivre nos démarches communes, discuter de leurs prolongements en
terme
d’action collective auxquelles nous pourrions, ensemble, appeler l’ensemble des
travailleurs du rail. Des initiatives ont lieu
dans ce sens, pour des secteurs comme EFFIA ou la restauration ferroviaire ;
nous pouvons sans doute les généraliser.
Au sein même de la SNCF, ces derniers mois ont
montré que les actions revendicatives se
multipliaient :
° Les Agents De Conduite attendent toujours la réponse du directeur
général au courrier unitaire de nos huit fédérations ; ce silence est en fait
une réponse, d’autant que dans le même temps la Direction Traction poursuit dans
la remise en cause du RH 077 et du dictionnaire des filières, et sollicite même
les organisations syndicales pour revoir (à la baisse !) les taquets de notre
réglementation du travail.
° Chez les Agents De Trains, la situation est tendue depuis des mois. Le
conflit de mai dernier, au-delà des divergences intersyndicales – a montré que
le mécontentement mais aussi la volonté de lutter étaient présents. Les
revendications sur la prime de travail, la retraite, le déroulement de carrière,
mais aussi le dossier « Alliance » nécessitent toujours une action nationale
d’envergure.
° Pour les Agents Commerciaux, la poursuite du « plan VFE » de réduction
massive des effectifs de vendeurs/ses, et le recours accru à EFFIA au détriment
des effectifs d’agents d’escale ont fait l’objet de communiqués communs de nos
fédérations. Là aussi, se pose la question de la suite en terme d’action, pour
stopper les projets patronaux, relancer l’emploi statutaire et le service
public.
° Les régulateurs sous station ont aussi montré leur mécontentement fin
juin.
° Les informaticiens en région se coordonnent pour refuser la
privatisation.
° C’est aussi contre la privatisation, que nous poursuivons de manière unitaire
les initiatives à la Direction de l’Ingénierie.
D’autres exemples, pour d’autres filières, pourraient être cités. Ces actions
catégorielles, sectorielles, nous pensons qu’il est de notre rôle fédérations
syndicales de les coordonner. Il ne s’agit pas de les nier en tant que telles ;
au contraire, nous devons les appuyer, leur
donner un prolongement commun. D’autant que la situation dans les établissements
montre que la tension est de plus en plus forte à propos des effectifs. Il y a
là, avec la question salariale, une priorité pour tous les cheminots.
La fédération SUD-Rail constate que nous allons vers une rentrée sociale qui
peut être placée sous le signe de conflits sociaux dans le secteur ferroviaire.
Nous souhaitons que cela se fasse de la manière la plus efficace, pour tous les
salariés.
Nous proposons que les fédérations syndicales travaillent à l’adoption d’une
plate-forme unitaire, reprenant les revendications catégorielles fortes, les
coordonnant, et préparent une action unitaire d’ampleur pour septembre ; action
qui doit porter sur l’avenir de l’entreprise publique SNCF et de l’ensemble du
personnel du secteur ferroviaire. |