Préambule
Transports nucléaires et sureté
Des transports en expansion
Danger rime avec opacité
L'héritage nucléaire
Impasses et fausses solutions
Le refus légitime des populations
SUD Rail réclame la transparence des circulations
Préambule
Transports Nucléaires, parlons-en!

Des milliers de transports nucléaires traversent la France tous les ans. Le rythme est, aujourd'hui d'un train par jour à destination de l'usine de La Hague en Normandie.
En 20 ans, ce trafic à haut risque s'est beaucoup développé, essentiellement pour alimenter l'activité du retraitement des déchets nucléaires.

Ces transports ne sont pas sans risque. Déjà en 1998 un article de presse révélait que plus de 30% des convois ferrés présentaient des traces de contamination radioactive. Après avoir interrompu pendant quelques semaines l'ensemble des convois, le trafic a repris et les mauvaises habitudes aussi.

Sachant que seulement 1/4 des déchets sont retraitables, et que les 96% restant sont stockés à La Hague, on peut affirmer que la multiplication des transports de matière nucléaire est inutile et fait courir des risques graves aux populations situées le long des voies ferrées et des routes.

Des montagnes de déchets s'accumulent depuis un demi-siècle et l'industrie du nucléaire n'a aucune solution pour les résorber. Les promener d'un endroit à un autre n'est pas nécessaire.

A SUD rail nous posons la question. Pour résoudre l'accumulation des déchets, le plus simple n'est-il pas d'arrêter d'en produire ?



Transports nucléaires et sûreté

Le système de protection actuel se base uniquement sur la sûreté du conditionnement, c'est-à-dire des conteneurs (châteaux ou castor). Cette approche déterministe implique que n'importe quel mode de transport peut être utilisé, et n'importe quel itinéraire peut être emprunté, dès lors que la matière est transportée dans un emballage adapté.
Les conteneurs sont conçus afin que les expositions radiologiques des travailleurs et des populations durant les conditions normales de transports soient inférieures aux limites réglementaires. L'affaire des wagons contaminés en 1998 a montré les limites de ce système et le manque de sérieux des organismes de surveillance. Aujourd'hui encore, le manque de contrôle ainsi que le manque d'information et de formation expose les personnels affectés à des risques radiologiques importants.

Les châteaux sont également testés sur des scénarios d'accident. Ainsi avant utilisation, un castor doit subir des tests de résistance à une chute de 9m sur une surface plane, à un feu de 800°C pendant une demi-heure, et à une immersion sous 200 m d'eau pendant une heure. Ce raisonnement statistique -qui élimine les scénarios les plus rares- est inacceptable dans le cadre de transports aussi dangereux que les transports de déchets nucléaires hautement radioactifs. Divers scénarios, comme la collision avec un transport d'hydrocarbure, la chute d'un pont sur une surface non plane, ou encore le naufrage en mer, indiquent que des rejets radioactifs auraient lieu. La dispersion d'1 gramme de plutonium en zone urbaine obligerait à évacuer des milliers de personnes !



Des transports en expansion

Il y a environ 300 000 colis de matières radioactives qui circulent annuellement en France. La plupart ne concernent que des petites quantités destinées à un usage médical ou industriel. 15 000 de ces colis sont issus du cycle nucléaire proprement dit et 750 concernent des transports de matières hautement radioactives.
Ces quelques transports de combustibles usés ou neufs ou de plutonium présentent toutefois des risques d'un tout autre ordre. Un seul wagon de transport de combustibles usés contient presque 10 % de l'inventaire radioactif d'une centrale nucléaire soit des millions de milliards de becquerels (unité de physique relative au rayonnement d'une source radioactive) !
Les matières nucléaires sont transportées sous de nombreuses formes physiques (gaz, poudres, liquides, assemblages métalliques...) et utilisent aussi bien les trains que les camions, les cargos et même les avions.
Le retraitement est l'une des causes principales des transports nucléaires et surtout de matières hautement radioactives sur de longues distances.
Pour arriver jusqu'à La Hague ou Sellafield, en Grande-Bretagne, ces matières extrêmement dangereuses traversent des continents entiers quand ce n'est pas la Terre entière.
La compagnie générale des matières premières (Cogema - Aventis) qui exploite les usines de La Hague, compte en effet parmi ces pays clients, des pays européens, mais aussi le Japon et l'Australie !



Danger rime avec opacité

Les transports de matières si dangereuses ne sont pas sans risques. Le système de protection actuel se base uniquement sur la sûreté du conditionnement, c'est-à-dire des conteneurs (Castor ou château).
Les industriels mettent en avant l'exceptionnelle résistance de ceux-ci qui pèsent parfois plusieurs dizaines de tonnes de plomb et d'acier, et qui sont testés sur des scénarios d'accident.

Cette approche unique est insuffisante. Les scénarios statistiquement rares ont été éliminés, alors que certains indiquent que des rejets radioactifs auraient lieu. Des plus, d'autres facteurs sont négligés comme l'état du réseau ferroviaire emprunté, la formation et l'information des personnels affectés et des autorités locales qui devront réagir face à une situation d'urgence, et plus généralement toutes les négligences qui jalonnent le parcours d'un convoi. Au lieu de cela, pour camoufler le danger couru par les populations traversées, les déchets sont transportés dans la plus grande opacité et dans l'ignorance la plus totale. Il suffit de voir des agents des forces de l'ordre françaises se tenir à quelques centimètres des châteaux (alors qu'en Allemagne, consigne leur est donnée de ne pas s'approcher à moins de sept mètres !) pour comprendre le manque de formation et d'information.

A ce titre, l'affaire des conteneurs contaminés illustre parfaitement la volonté de secret qui entoure les transports de déchets nucléaires. En mai 1998 éclatait en France un scandale nucléaire exemplaire. Depuis plus de dix ans un fort pourcentage des conteneurs et des wagons servant au transport des combustibles usés issus de centrales françaises, allemandes, suisses ou belges était contaminé. L'affaire, tenue secrète par les exploitants nucléaires n'a été rendue publique que grâce à l'intervention d'experts indépendants et de la presse.
Tous les transports de combustible usés étaient par la suite stoppés.
Les transports ont repris en Franque quelques mois plus tard mais la loi n'est pas sortie...



L'héritage nucléaire

Tchernobyl, le public a développé une certaine allergie pour le nucléaire même s'il ne voit pas bien comment s'en passer. Les propagandistes ont donc cherché à développer de nouveaux arguments.
Ainsi la planète connaît actuellement une phase de réchauffement climatique due en particulier à l'émission de dioxyde de carbone. Une partie des émissions de CO2 est due à la production d'électricité à partir de combustibles fossiles (charbon, pétrole...).
Le nucléaire, lui, ne participe qu'assez peu à ces émissions : en un mot il est propre et "é-co-lo-gi-que".

Seulement voilà, la réalité est que le nucléaire produit des déchets à chacune des étapes de sa "chaîne" nucléaire.



Impasses et fausses solutions

Que faire de tous ces déchets ? Pendant longtemps une formule a fait diversion : on va "retraiter" les combustibles usés et les déchets ultimes représenteront une quantité si minime qu'ils tiendront dans une simple piscine ("olympique" disait il y a une dizaine d'années la propagande d'EDF...).
Le recours au retraitement dans les usines de Marcoule et de La Hague a bien permis à la France d'obtenir le plutonium nécessaire à ses bombes atomiques mais il n'a en rien résolu ou simplifié le problème des déchets. Le retraitement est un ensemble de processus chimiques qui permettent d'extraire le plutonium et l'uranium restant dans les combustibles usés.
La radioactivité à la fin de l'opération est exactement la même puisqu'on ne connaît aucun moyen de la réduire.



Qu'est-ce qu'un déchet nucléaire ?

Contrairement à ce qu'affirme la propagande d'EDF et de l'industrie de l'atome ou encore la nouvelle ministre du gouvernement Raffarrin, le nucléaire n'est pas une énergie propre.

Le nucléaire crée en quantité toutes sortes de déchets à chaque étape de la production ou du démantèlement, et tous ces déchets sont radioactifs.

Parmi ces déchets, les combustibles usés des centrales nucléaires sont les plus dangereux et les plus problématiques car ils sont hautement radioactifs et à durée de vie longue.

Chaque année un réacteur nucléaire "use" une vingtaine de tonnes de combustible nucléaire, ce qui fait environ 1200 tonnes de déchets très haute activité pour l'ensemble de la France.

Les combustibles usés ne représentent que la partie émergée de l'iceberg nucléaire.
La pollution nucléaire commence avec les mines d'uranium. Des centaines de tonnes de minerai sont nécessaires pour obtenir une tonne d'uranium pur.

Il faut ensuite, presque six ou sept tonnes d'uranium enrichi utilisable pour la fabrication de combustible. Et chaque étape ultérieure va créer ses propres déchets.

Les déchets nucléaires ne se trouvent pas uniquement sur des sites de stockage ou même des sites nucléaires en activité.

L'ANDRA (Agence gouvernementale qui gère les sites de déchets radioactifs) a recensé plus de mille sites où sont entreposés, de manière plus ou moins légale, avec ou sans conditionnement des déchets nucléaires de toutes catégories.

Il n'y a pas vraiment en France de définition claire d'un déchet nucléaire ce qui arrange bien les exploitants nucléaires.


Le refus légitime des populations

Que reste-t-il comme solution maintenant qu'on a définitivement admis de ne pas les jeter dans les océans ou de ne pas les enfouir sous la calotte glaciaire ?

Alors à défaut de pouvoir les gérer on les transporte d'un pays à un autre.

"On ne sait pas s'il y a une solution au problème des déchets nucléaires, mais au moins posons celui-ci dans le bon sens.

Si le nucléaire produit des déchets dont personne ne veut, il faut d'abord arrêter le nucléaire".



SUD RAIL RECLAME LA TRANSPARENCE DES CIRCULATIONS

Les bonnes résolutions prisent en mai 98 ont vite été "oubliées".
  • A la SNCF, mise en sommeil de la commission du CNHSCT,
  • Reprise des transports internationaux sans garantie d'un contrôle indépendant,
  • Abandon des contrôles de radio activité sur les site de transit entre la SNCF et EDF alors qu'en 98 des appareils de voies et du ballast avaient été contaminé,
  • Passage de circulations de matières radio actives sans aucun avis aux agents SNCF, aux populations ou aux élus.

    Cette situation a été régulièrement dénoncée par les délégués SUD dans les CHSCT et au niveau national malgré la "timidité" de certaines organisations syndicales soucieuses de ne pas remettre en cause la politique énergétique de la France.

    Nous le disons clairement, les transports de combustibles usés sont dangereux et les conditions actuelles de leur acheminement s'opèrent dans l'opacité, le mensonge par omission et la répression.