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Depuis 1976, date à laquelle est apparue la première Z6400 sur Paris Nord, le métier d'agent de conduite s'est profondément modifié.
La conduite à agent seul s'est généralisée, malgré l'opposition des mécaniciens.
La réglementation a changé (marche à vue, VISA, verbalisation,...). Des technologies nouvelles sont apparues (KVB, SAI, MI, Z2,...). Les commerciaux ont disparu des trains.
Le cadencement et les interconnexions sont devenues les règles.
Tous ces changements techniques, dans un contexte de productivité, de réductions d'effectifs, d'insécurité, ont imposé aux agents de conduite des changements de comportement.
Que ce soit sur le plan humain ou professionnel, les ADC sont amenés à gérer des situations inédites. Non seulement, ils doivent assurer la conduite des trains dans des conditions difficiles (circulation sur signaux fermés, interventions extérieures, arrêts fréquents,…), mais en plus, étant le seul interlocuteur sur le terrain, il lui incombe un rôle social (information, situations perturbées, relations entre et avec les voyageurs, renseignements, signaux d'alarme, dégradations du matériel, blocage de portes,...).
INSECURITE
La densité de circulation est telle, qu'elle nécessite une organisation du trafic sans faille. Le moindre retard ou suppression de train en heure de pointe et c'est tout l'édifice qui s'écroule : les quais sont noirs de monde, les rames sont saturées, les correspondances ne sont plus assurées. Pour les usagers qui se rendent au travail ou qui, en fin de journée, doivent récupérer les enfants à l'école ou à la crèche, cela prend vite des allures de catastrophe. Dans ces conditions, l'agression verbale des ADC est devenue monnaie courante.
A cela s'ajoute le comportement dangereux de certaines personnes (mouvement de foule, enfants au bord des quais, personnes longeant les voies, etc) entraînant un stress en constante progression chez le mécanicien.
Avec la suppression des emplois qui entraîne une désertification des gares et des trains, l'agression physique est apparue. La direction répond : " crise de société, chômage, banlieues difficiles " rejetant ainsi sa part de responsabilité sur d'autres. Le simple réarmement de signaux d'alarmes devient problématique au point que certains ADC refusent, à juste titre, d'aller les réarmer seuls dans certaines conditions.
C'est pourquoi SUD Rail revendique :
Face à cette situation d'insécurité, il est nécessaire d'aboutir en priorité sur différents points :
Arrêt des extensions de lignes E.A.S.
Elargissement de l'article 377 du PGM, traitant des relèves en cas d'accident de personnes, aux agressions physiques ou verbales et plus généralement à tous les cas ou le mécanicien se sent perturbé psychologiquement. Ceci, sans aucune perte de salaire.
Remettre du personnel SNCF dans les gares et les trains sur la journée de service et plus particulièrement renforcer cette présence sur les "trains à risques".
Utiliser le droit de retrait tel qu'il est défini au code du travail, chaque fois qu'un ADC juge qu'il y a risque pour son intégrité.
Création de sas de sécurité derrière les cabines de conduite.
Assurer le suivi juridique de chaque ADC portant plainte individuellement (avocat choisi par l'agent).
Dépôt de plainte systématique à chaque incident par la SNCF.
Installation d'une relation directe radio entre l'ADC et les services de sûreté. |