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Tout d’abord, il n’est pas dans le propos de la
Liaison Trains SUD-rail de pointer une quelconque culpabilité des
ASCT. Les contrôleurs ont des missions définies et celles-ci
comportent notamment, l’application des lois de la République.
Cependant, SUD-rail, ayant pris position contre l’instauration de
la LSQ (Loi sécurité quotidienne, votée précipitamment à la suite
des attentats du 11 septembre 2001) et plus précisément les
articles 49 et 50, dès son élaboration, il est temps de commencer
à tirer les premiers enseignements de son application.
Il
faut savoir, en premier lieu, que la constitution d’un délit par
accumulation de contraventions est une exception en droit. Dès
l’élaboration du projet de loi, nous avions dénoncé, auprès de
l’entreprise mais aussi auprès des élus politiques, le fait que
ce délit s’appliquerait avant tout, aux populations les plus
démunies socialement et économiquement et qu’il s’agissait
purement et simplement de «criminaliser la pauvreté» : C’est ce
qui se passe aujourd’hui, entre 15 et 20 personnes par mois sont
envoyées en prison par la SNCF.
L’entreprise se
félicite de la baisse du nombre de Procès-verbaux mais ne se
soucie guère « d’assigner à résidence » une partie de nos
concitoyens les privant de leur « droit à la mobilité » reconnu
notamment dans la loi SRU (solidarité, renouvellement urbain) et
la Constitution.
Certes des efforts ont été consentis par
les Conseils Généraux ou les Conseils Régionaux permettant des
réductions importantes et même parfois la gratuité mais ces
tarifications sont soumises à conditions et limitées
géographiquement. Elles comportent des difficultés d’application
(échanges en gare non compris par les bénéficiaires) et de
nombreux cas ne sont pas pris en compte (déplacements pour visites
à enfants entraînant l’impossibilité d’application d’un jugement
de divorce, visite à parents malades….). Des facilités existent
également via les ANPE pour une recherche d’emploi mais les
crédits alloués sont rapidement épuisés, laissant souvent les
chômeurs dans le seul choix d’être « fraudeur » par nécessité.
En terme de tarification sociale couvrant tout le territoire,
il n’existe que la carte FN(famille nombreuse) basée sur le nombre
d’enfants et pas de tarif social basé sur les revenus.
Les
Pouvoirs Publics ont donc choisi délibérément la répression sans
se préoccuper du traitement social qui eut été préférable. Les
ASCT se sont vus confier un rôle « d’auxiliaires de police » (
flagrance de délit de fraude d’habitude grâce à l’injonction de
descendre) ce qui ne faisait pas partie auparavant de leurs
prérogatives et de leur fonction.
SUD-rail , en toutes
occasions, met en garde la Direction sur les conséquences
possibles de l’utilisation à grande échelle des poursuites pénales
au titre du délit de fraude d’habitude entraînant une
radicalisation des rapports entre certains usagers et les ASCT,
mettant en danger ces derniers.
La Liaison Trains
SUD-rail demande la tenue d’une réunion spécifique sur le sujet à
la Direction Déléguée Trains afin de lui faire part de ses
analyses et tirer un premier bilan de l’application de la LSQ au
niveau des ASCT. De plus, nous sommes toujours en attente de
chiffres précis émanant de la Direction de la Sûreté, celle ci
n’ayant pas communiqué depuis un an.
Octobre 2004 |