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Le service public |
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Le 2ème congrès confirme l'analyse et les principales orientations votées lors du 1er congrès de mars 1997 sur le Service Public.
En effet, la privatisation des services publics se poursuit dans le monde entier, poussée par les intérêts financiers qui cherchent de nouvelles activités à soumettre à la logique du marché pour obtenir encore et toujours plus de profits sans se soucier de l'intérêt général, c'est à dire du plus grand nombre.
Les grèves de Novembre /Décembre 1995, le développement des initiatives antilibérales du mouvement social ont mis en lumière l'enjeu de société que constitue le Service Public. Face à l'évolution de l'opinion, les libéraux n'ont pas pu poursuivre leurs discours "purs et durs" limitant aux fonctions régaliennes l'intervention publique. Ils ont modifié leur angle d'attaque contre le Service Public.
Masquant leur volonté de négation pure et simple, refusée par la population, ils portent le débat sur l'organisation et le contenu de celui-ci. Sous prétexte de modernisation, de meilleure efficacité, de baisse des impôts (sur ce point, nous dénonçons le discours caricatural sur l'impôt distillé par les médias dominantes), ils préconisent de fait la généralisation de la gestion privée sous forme de concession. Parallèlement, mettant en avant la construction européenne et la décentralisation, ils déshabillent l'Etat qui, en France en particulier, a été le cadre de construction et de financement de la quasi-totalité des services publics. De ce fait, les entreprises publiques sont attaquées de plein fouet. La solution qui est mise en avant est de transformer les entreprises publiques/services publics en entreprises capitalistes concourant aux appels d'offres attribuant les concessions dans toute l'Europe.
L'objectif est la construction de grands groupes de services à dimensions internationales. De ce fait les entreprises publiques de réseaux (PTT, SNCF, EDF) modifient, renforcent leurs propres groupes. Ainsi sur chaque activité de service s'engagent entre privé et public une logique contradictoire faite de concurrence et partage de marchés.
C'est dans ce cadre que s'analyse l'évolution du groupe SNCF et la politique d'autonomisation des activités.
Nous dénonçons et combattons avec force de telles orientations car elles contribuent à l'abandon des grands principes du Service Public, en particulier celui de l'égalité des citoyens et de l'aménagement du territoire. Les investisseurs privés ne sont vraiment intéressés que par les créneaux rapidement rentables ou par des concessions largement subventionnées par de l'argent public pour être certains d'empocher de substantiels bénéfices. Dans tous les cas, l'intérêt du plus grand nombre est bafoué car les secteurs non rentables seraient abandonnés dans le l' cas et dans le second, de véritables rentes de situations se créeraient sans aucune garantie que la puissance publique puisse contrôler l'utilisation des subventions encaissées par l'entreprise privée (voir l'exemple des chemins de fer britanniques).
La situation du marché de la distribution de l'eau est sans équivoque. La concession est la règle depuis des années et cela a permis la création d'empires capitalistes sur le dos de la population obligée de payer un service de base de plus en plus cher. Les relations entre les élus et ces entreprises privées sont pour le moins ambiguë:s ; les pots-de-vin et abus divers sont malheureusement répandus... Et c'est ce modèle lamentable qu'ils veulent généraliser et nous faire accepter !!!
Cette démarche pose également un vrai problème politique. A entendre les laudateurs de la gestion des services publics sur le modèle privé, seule la logique entrepreneuriale et commerciale permettrait de moderniser les services publics, d'assurer leur qualité, de traiter convenablement les utilisateurs et de ne pas gaspiller les fonds publics. Accepter une telle affirmation c'est faire injure à celles et ceux qui, tous les jours, " servent le Public " sans artifice commercial en mettant en avant l'intérêt général. C'est aussi nier aux hommes et aux femmes toute intelligence pour créer une organisation non basée sur le profit permettant de satisfaire les besoins d'une collectivité. Avec une telle logique, plus besoin de débat politique pour arrêter les grandes décisions de société, il suffirait de " gérer les gouvernements et parlements comme des entreprises"...
Chacun comprend que, derrière la volonté affichée de réduire les coûts, C'est une remise en cause du statut social des travailleurs du Service Public qui est en marche... En effet, la règle étant que tout appel d'offres pour une concession publique soit attribué à l'offre la moins élevée, la variable d'ajustement pour faire baisser les coûts sera le nombre et la qualité de l'emploi. Nous devrons accentuer nos efforts pour faire comprendre pour la combattre cette logique de "dumping social".
L'offensive actuelle contre le Service Public contient d'importants enjeux politiques, économiques et sociaux. Syndicalistes, nous n'avons pas la prétention d'être les seuls concernés, les seuls légitimes à apporter des réponses. Nous agirons donc avec toutes les forces s'opposant à cette offensive des intérêts privés.
Nous confirmerons notre disponibilité pour débattre de toute évolution vers plus de démocratie dans la définition et l'organisation du Service Public car la situation dont nous héritons (gestion technocratique) n'est pas satisfaisante. Nous demeurerons inflexible à l'encontre de toute démarche visant à remettre en cause la situation sociale des travailleurs du Service Public. A contrario, nous nous positionnerons en paroles et dans les actes en faveur de toute démarche garantissant un véritable statut social à tous les travailleurs concourant au Service Public.
Considérant que la simple défense du statut d'un nombre de cheminots toujours réduit est insuffisante au moment où :
se multiplient les emplois de travailleurs du rail sans statut employés par la SNCF, mais aussi dans les gares et sur les voies à travers la sous-traitance ;
Des concurrents ferroviaires vont être introduits grâce à la séparation SNCF/RFF et à la pression internationale ?
Les nouveaux services (comme la pénétration ferroviaire en zone urbaine) sont confiés à des sociétés privées ;
La régionalisation va permettre la privatisation de segments de trafics ou l'alignement local des statuts sociaux des travailleurs du rail sur ceux des concurrents privés.
Les équipes SUD-Rail proposent de travailler (en particulier, si elles le désirent avec les équipes RATP et les transports urbains) à la mobilisation sur un "statut des travailleurs du rail" qui, en s'imposant à toutes les entreprises assurant un service ferroviaire permettrait de combattre le "dumping social".
Dans le même temps, nous continuons un travail d'élaboration pour redonner tout son sens à l'appropriation sociale du service public de transport. |
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